Thursday 13 May 2021
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dakaractu - 30 days ago

Migration irrégulière : plus 200 milliards FCFA investis au Sénégal entre 2005 et 2019 pour des résultats mitigés (Étude)

Le débat qu’on croyait clos a resurgi au cours de la dernière visite du président du gouvernement espagnol au Sénégal. Une journaliste sénégalaise a interpellé Pedro Sanchez au sujet de la position de l’Union européenne concernant les fonds qu’elle aurait alloués au Sénégal dans le cadre de la lutte contre la migration irrégulière. Une question à laquelle son destinataire n’aura même pas eu le temps de répondre. À la place, c’est le président de la République du Sénégal qui a trouvé là une bonne occasion de répondre à Boubacar Sèye de qui tout est parti.

Selon Macky Sall qui semblait très remonté contre le président de l’ONG Horizons sans frontières, aucune ligne de crédit n’a été allouée par l’Union européenne au Sénégal. Le chef de l’exécutif sénégalais de déplorer cette manie de certains à vouloir ternir l’image du pays à travers des déclarations diffamatoires.

Si cette question rend nerveuses les autorités politiques, c’est qu’en réalité, les réponses escomptées n’ont jusque-là pas été apportées malgré les fonds injectés, avec le soutien des partenaires financiers.

Selon une étude commanditée par la Fondation HEINRICH BOLL STIFTUNG intitulée «Projets et programmes migratoires au Sénégal: Une avalanche de financements pour des résultats mitigés», plusieurs dizaines de milliards de francs CFA ont été injectés dans la lutte contre la migration depuis 2005. L’étude en question publiée en mai 2020 révèle que les flux financiers liés à des projets et programmes relatifs à la migration se sont intensifiés depuis 2005 au Sénégal, en réponse à la médiatisation spectaculaire de nombreux décès de femmes, d’hommes et d’enfants sur les routes migratoires vers l’Europe, que ce soit lors de naufrages de pirogues dans l’Atlantique ou de la traversée des pays du Sahara à travers des pays minés par des crises sécuritaires.

Plus de 200 milliards investis entre 2005 et 2019

Ainsi, de 2005 à 2019, il a été constaté que plus de 200 milliards de francs CFA (305 millions d’euros) ont été investis pour limiter les départs, améliorer les conditions socio-économiques dans les zones de départ mais aussi pour favoriser les retours.

La mise en place des projets et programmes s’étale sur trois périodes. De 2005 à 2012, la crise migratoire est intensifiée par la crise dans le secteur de la pêche dans les régions côtières du Sénégal, entraînant beaucoup de départs par la voie maritime. C’est dans ce contexte, fait savoir l’étude lue à Dakaractu que l’Agence européenne pour la gestion de la Coopération opérationnelle aux frontières extérieures des Etats de l’Union européenne ou FRONTEX voit le jour. Elle déploie de nombreux projets au Sénégal afin de renforcer les capacités logistiques et techniques des forces de sécurité sénégalaises pour lutter contre l’émigration irrégulière. En même temps, le Sénégal et ses partenaires techniques et financiers mettent en œuvre des projets d’assistance aux migrants de retour et d’aide au développement pour fixer les populations. C’est toute la quintessence du Plan REVA (Retour vers l’Agriculture) qui était si cher à l’ancien président du Sénégal, Abdoulaye Wade. Pour la mise en oeuvre de ce plan créé en 2005, les partenaires financiers du Sénégal ont décaissé 30 millions d’euros, rapporte l’étude qui ajoute qu’en 2008, ce plan est inclue dans un programme plus vaste appelé Grande Offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (GOANA) dont les besoins en financement étaient estimés à près de 344 milliards de CFA. Dans la même période, l’Organisation internationale pour les migrations a exécuté de nombreux projets principalement sur les dangers de l’émigration irrégulière et à la création d’opportunités socio-économiques au Sénégal.

Entre 2005 et 2012, renseigne l’étude, 30 milliards ont été investis dans des projets relatifs à la migration.

Le dispositif déployé par Frontex a eu le don de décourager les candidats à la migration irrégulière d’emprunter la voie maritime sans pour autant enrayer le phénomène. Les départs continuent même si c’est par voie terrestre, en passant par le Niger et la Libye.




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