Monday 12 April 2021
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dakaractu - 1 month ago

8 Mars - Pratique de l’excision au Sénégal : une pratique ancestrale toujours d actualité

Cinq fillettes excisées à Keur Massar et dans un état critique , ce titre a fait la Une des journaux de presque tout le pays au mois de février dernier. L’excision ou l’ablation totale ou partielle des organes génitaux féminins extérieurs et qui se pratiquent généralement avant les 5 ans chez les filles, est une pratique que l on croyait oubliée. Mais elle touche 200 millions de filles et de femmes dans 30 pays du monde. Ces faits sont plus récurrents en Afrique où l’on estime plus de 91,5 millions de femmes vivant par conséquent dans cette situation avant d’atteindre l’âge de 9 ans. Selon l’enquête démographique et de santé de 2005, la pratique de l’excision au Sénégal affecte la vie de 28 % des femmes âgées entre 15 et 49 ans déclarant être excisées. Cette prévalence cache des disparités régionales et ethniques. En effet, dans le nord, le sud et l’est du Sénégal, la proportion des femmes déclarant êtres excisées est plus importante que dans d’autres régions : 94% (Kolda), 93% (Matam), 44% (Saint-Louis) et à Dakar, région où la prévalence n’est que 17%.
À l’opposé des régions comme Thiès, Diourbel et Louga, les pourcentages s’élèvent respectivement à 7%, 2% et 4%.
Quant aux ethnies pratiquantes, l’ethnie soninké se place devant avec 78,2% de femmes excisées suivie par l’ethnie mandingue 73,7%, l’ethnie Pulaar 62,1%, l’ethnie diola 59,7%, l’ethnie sérère 1,8%, et en fin l’ethnie wolof 1,6%.

LE FAIT DE NE PAS ÊTRE EXCISÉ NE CONTRARIE EN RIEN LA RELIGION DE LA FEMME
Les traditions ont toujours précédé les religions depuis la nuit des temps.
L’Islam a déjà trouvé la pratique de l’excision dans nos sociétés. C’est une pratique très ancienne ancrée dans la tradition et transmise de génération en génération. De ce fait, elle n’est pas obligatoire, ni faite par force explique Oustaz Ibrahima Ba. « Lors de l’arrivée du prophète Mohamed (PSL), il a pu voir et parler à une femme du nom d’Oumou Adhiya qui faisait l’excision en ce temps. Cependant, il a conseillé à la femme de ne pas faire une ablation totale ou partielle du clitoris (clitoridectomie), l’ablation du clitoris et des petites lèvres ou l’ablation de tous les organes génitaux externes et la couture ou le rétrécissement de l’orifice vaginal sans pour autant dépasser la limite. Le prophète avait recommandé d’enlever une toute petite partie du clitoris si cela ne va pas amener des complications à la femme. Maintenant la question est de savoir si ceux qui font l’excision ont respecté les conseils du prophète ? De ce fait, est-ce que ces femmes qui le font ont des connaissances solides du corps génital de la femme ? Et la plupart de ces femmes sont des analphabètes sans formation sur le plan sanitaire. Cependant le fait de ne pas être excisé ne contrarie en rien la dignité et la religion de la femme. Des rumeurs de préjugés qui disent que si la femme n’est pas excisée, elle présentera une souillure quand elle va cuisiner, prier, puiser de l’eau alors que rien de tout cela n’est avéré. Ça n’empêche pas de ne pas être une femme et l’Islam est d’accord qu’elle exerce toutes ces activités au cas où elles ne sont pas excisées, donc le mieux c’est de l’éradiquer en attendant d’avoir des solutions sur ce sujet. Tout ce qui amène des tortures et douleurs à un être humain, l’Islam le bannit », confie Ibrahima Ba.


L’ablation du clitoris de la femme cause beaucoup de problème dans nos sociétés et les médecins en parlent de plus en plus. Le mieux à faire pour ceux qui veulent continuer l’excision, est de se rapprocher des gynécologues. En ce sens, je pense que plusieurs dégâts seront évités. Car c’est leur domaine et ils connaissent mieux le corps de la femme que ces praticiennes. Dans cette logique, je pense que beaucoup de filles pourront être sauvées. On assiste à beaucoup de difficultés quand ces femmes accouchent, voient leurs menstrues et se plaignent même des fois de ne pas ressentir du plaisir quand elles font l’amour.

ABANDON DE L’EXCISION, LE COMBAT QUOTIDIEN DES FEMMES DU DANDEE MAYOO.
Comme dans de nombreuses sociétés du Sénégal qui pratiquent l’excision, le village de Thialy n’est pas épargné.
Thialy est un village qui se trouve sur le long du fleuve Sénégal, à 50 km de la région de Matam. Dans ce village où l accès est difficile nous y trouvons différentes ethnies telles les pêcheurs « soubalbés », les éleveurs de bétail « poulo », les baïlos « bijoutiers », les gawlos « griots », les torobés « ceux qui ont appris le coran », les sébbé « les guerriers qui partaient en bataille en période de guerre. » Thialy est divisé en deux parties : Lhialy Makka là ou vivent les torodo, Thialy Soubalo là ou vivent les soubalbés sans pour autant oublier gourél foulbé, un groupe d’éleveurs de bétail qui se trouve à l’extrémité du village. Malgré la diversité culturelle, dans ce village, les ethnies ont l’excision comme culture en commun. L’excision des filles avant l’âge adulte est obligatoire vu la gravité et les complications qu elle cause à la gente féminine. Une matrone du nom de Hawa Seydou Ba alerte l’ONG Tostan dans le cadre de la sensibilisation des villages du Dandee Maayo. « En ce moment, nous regroupons plus de 20 villages. Les réunions se font par tour de village, et lors de chaque regroupement on parle à ces femmes pour qu’elles comprennent la gravité que peut amener l’excision chez la femme. Cependant toutes nos réunions sont présidées par des spécialistes comme Marie Niane, sage-femme dans le département de Kanel. Au début, nous avons rencontré plusieurs problèmes à cause des hommes religieux qui ne partageaient pas cette volonté de mettre fin à l’excision considérée comme une sunna. Certains villages étaient même obligés de sortir de l’ONG sur la pression des imams. Avec beaucoup d’endurance et de persévérance nous avons pu convaincre plusieurs ménages et en ce moment on ne voit presque plus la pratique de l’excision et même si les gens le font, c est en cachette, de peur d’être dénoncé à la police. »

LES TEMOIGNAGES POIGNANTS D’UNE VICTIME DE LA PRATIQUE
Nombreuses sont les filles qui n’ont pas eu la possibilité d’être sauvées à l image de T. Sam, une petite fille qui a vécu atrocement ces vacances de 2009. « Je m’en rappelle vraiment et c est comme si c’était aujourd’hui. Je n’avais que 8 ans quand cela est arrivé. J’avais quitté Tambacounda pour rendre visite à mes grands-parents à Thilogne et c’est à mon arrivée que tout a été préparé pour que je devienne une femme. Un jour je m’en rappelle encore : ils m’ont dit d’aller rendre visite à une de mes tantes, et c’est sur les lieux que je me suis rendu compte de ce qui allait m’arriver. Je ne me suis pas débattue, j étais calme et sereine, je suis née dans une famille très culturelle et je savais qu un jour ou l’autre j’allais passer à l’acte parce que toute les filles de la famille l’avait fait et il ne restait que moi. Quand même c’était atroce, elle m’a excisée avec une lame bouillie pour la désinfection, la douleur était énorme j’ai crié et je me rappelle de ces cris qui sont toujours dans ma tête. Quand elle a terminé, elle a mis de la poudre sur mes parties intimes et c’est après plusieurs années que j’ai su que c’était pour rétrécir le vagin. Une fois à la maison j’ai commencé à recevoir un traitement de ma tante à base de beurre de karité et d’eau chaude pour que la plaie puisse guérir au bout de deux semaines. Actuellement ça va, j’ai oublié je me suis juste dit que c’était à faire et suis très culturelle. Je ne juge pas la femme qui m’a excisée du moment où je pense qu’elle est là que pour perpétrer la tradition, mais quand même il faut revoir cette méthode. Parce qu’il y’...
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