Tuesday 9 March 2021
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dakaractu - 13 days ago

Discours guerrier du président sénégalais sur la lutte contre le terrorisme dans la sous-région : Macky Sall a-t-il raison de se radicaliser ?

Interviewé ce mardi 23 février par Radio France Internationale (RFI), Macky Sall a tenu un discours guerrier contre le terrorisme. Parti de la nécessité de se doter de moyens conséquents pour faire face aux groupes terroristes qui sévissent dans la sous-région ouest-africaine, le président sénégalais est d avis que la coopération ne peut faire défaut dans cette bataille qui n est plus celle des « gladiateurs ». Pour lui, « il faut de l intelligence, il faut du renseignement ». Durcissant le ton, Macky Sall s est déclaré contre toute forme de discussion avec des « terroristes ». Cette intervention va-t-en guerre n a pas manqué de susciter des inquiétudes chez nombre de sénégalais qui pensent qu avec cette position aux relents bellicistes, le chef de l exécutif expose davantage notre pays. Il faut cependant savoir que le Sénégal, sous le magistère de Macky Sall, a toujours favorisé l offensive dans la lutte contre le terrorisme. Ne dit-on pas que la meilleure façon de se défendre, c est d attaquer ? C est l option épousée par les autorités sénégalaises depuis l occupation du nord du Mali par les jihadistes affiliés à Al Qaïda. Non content d envoyer des militaires et des policiers pour appuyer la mission onusienne de maintien de la paix chez ce voisin immédiat, le Sénégal a pensé à se préparer à l éventualité d un déplacement de la menace. La surveillance des frontières est renforcée. Ce qui a permis dès 2013 de prendre en charge un revenant du nord Mali.

L imam Boubacar Dianko était, en compagnie de son neveu et élève Bamba Dianko, aux côtés du Mouvement pour l Unicité et le Jihad en Afrique de l Ouest (MUJAO) lorsque la France a lancé l opération Serval pour déloger les jihadistes du septentrion malien. Cependant, l hégire au nord du Mali de l Imam sénégalais, qui a accueilli au début des années 2000 le mauritanien Hamada Ould Mouhamed Heirou chez lui à Thiaroye, n était rien comparé au projet de dizaines de sénégalais en faveur du jihad auquel les conviait l organisation État islamique.

Des sénégalais dans les rangs de l État islamique en Libye et au Nigeria

Dès 2014, de jeunes sénégalais ont pris fait et cause pour le jihad armé. Certains ont rejoint les rangs de Boko Haram tandis que d autres ont préféré déposer leurs bagages à Syrte, alors capitale de l État islamique en Libye.
Surveillé depuis le début par les services de renseignement, le groupe du Nigeria qui a décidé de revenir pour poursuivre le jihad au Sénégal (selon le ministère public lors du procès de l Imam Ndao), a été presque décapité.

À l époque, les méthodes employées par la Division des investigations criminelles et la Section de recherches pour mettre le grappin sur les mis en cause avaient été décriées. Des critiques qui n ont pas pourtant mis de l eau dans le vin des autorités qui avaient visiblement un message à passer à tous ceux qui seraient tentés de rejoindre ou même de flirter avec le jihadisme. Au bout de cet épisode, neuf sur la trentaine de personnes poursuivies pour association de malfaiteurs en relation avec une activité terroriste ont écopé de peines allant de 5 à 20 ans de travaux forcés. Présenté comme le penseur du groupe, Matar Diokhané qui a bénéficié d un contrat d enseignement dans le nord-est du Nigeria, a pris la plus grosse peine quand bien même il s est défendu d être envoyé spécial d Abubakar Shekau.

Pendant que les « boko Haram » sénégalais étaient traqués par les forces de sécurité, leurs « frères » qui ont migré en Libye et qui avaient l ambition de revenir au Sénégal pour y mener la guerre sainte n ont pas eu l opportunité de le faire. L opération « Bunyaan al Marsous » lancée en mai 2016 par les miliciens de Misrata pour reprendre Syrte des mains de l État islamique a eu raison de la majorité d entre eux. C est dans cette guerre sans merci qui a valu plusieurs centaines de morts aux misratis que l émir des sénégalais, Moustapha Diop aurait perdu la vie en décembre 2016.

Très influent au sein de la colonie jihadiste sénégalaise installée en Libye entre 2014, 2015 et 2016, cet ancien étudiant de l Université islamique de Médine (Arabie Saoudite) a été à l origine du départ de nombre de ses compatriotes aussi bien en Libye qu au Nigeria. Le procès de 2018 a élucidé ce rôle de recruteur que celui qui se faisait appeler «Abou Hatem» assumait pour Boko Haram et la branche de l État islamique en Libye.


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